L’établissement :
CHSLD, Résidence Paul-Lizotte
6850, Boul. Gouin
Montréal-Nord, (Québec)
Canada H1G 6L7
(128 lits)
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Le programme
Le
centre d'hébergement Résidence Paul-Lizotte, fut
le premier lieu à accueillir un programme
de Dr Clown. Martine
Dallaire, responsable des loisirs à
l'époque, crut dès le début
en notre projet et se montra fort enthousiaste
de tenter cette nouvelle expérience
avec sa clientèle. La Fondation Paul-Lizotte
accepta de financer le projet-pilote entrepris
à l’automne 2000. Le programme
continue de s'y poursuivre depuis, à
raison de deux heures d'interventions par
semaine. Ce programme permet de visiter
en moyenne 30 résidents sur 128 par
intervention, donc près de 1500 rencontres
par année.
Au centre d'hébergement Paul Lizotte, les résidents sont âgés de 65 à 100+, avec des conditions physiques et mentales très variées. Certains d’entre eux sont très entourés, d’autres ne reçoivent quasiment aucune visite. Les patients sont partagés entre des personnes à mobilité réduite ne pouvant plus rester seules à leur domicile mais qui sont encore lucides, et plusieurs atteints de la maladie d’Alzheimer (donc ayant une détérioration cognitive notamment au niveau de la mémoire). C’est avec ces patients que les clowns semblent avoir la relation la plus bénéfique. Ils créent pour eux des moments de musique, de jeux, de souvenirs, de communication et d’écoute
Au début, il y avait crainte que la présence des clowns dans ce milieu pourrait sembler condescendante, que l’on veuille traiter les résidents comme des enfants. Heureusement, au contraire, les artistes sont accueillis chaleureusement comme des visiteurs amicaux par le personnel et les patients.
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La surprise exprimée par les préposés à la venue des clowns (75% d’entre eux) n’a pas empêché un sentiment très positif vis à vis de l’expérience (100% d’entre eux s’en disent ravis) et le désir de la voir se poursuivre. |
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La nécessité de mettre en place un échange préalable entre préposés et clowns-docteurs, permettant d’identifier les bénéficiaires en besoin d’échanges, de réconfort ou d’isolement, de confier des « trucs » (mots, attitudes, chansons) afin de faciliter la prise de contact, et d’informer les clowns-docteurs des mesures particulières en terme d’hygiène, de maladies ou de douleurs ponctuelles des patients. |
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L’intervention des clowns-docteurs doit avoir lieu dans le respect de la singularité de chacun, en lien avec le personnel soignant, à même de soustraire ou de désigner les personnes pouvant bénéficier de la visite des clowns (75% des préposés ont eux-mêmes indiqués aux clowns-docteurs les patients qu’ils jugeaient importants de visiter). |
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Aucune gêne ou perturbation au niveau des soins ou du fonctionnement du service n’ont été occasionnées par la présence des clowns-docteurs. Certains professionnels ont même exprimé le désir de pouvoir participer davantage à leurs facéties. |
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Le clown-docteur paraît être investi par l’équipe soignante d’un pouvoir de lutte contre l’isolement et la tristesse des bénéficiaires. Il est également perçu comme un médiateur susceptible de désamorcer certaines crises (paranoïa, colère…). |
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Le passage des clowns-docteurs favorise la socialisation et la communication des résidents qui continuent après le départ de l’équipe d’artistes à en parler ou en discuter entre eux. Les clownsdocteurs semblent contribuer à diminuer l'isolement et à solliciter l'intérêt du bénéficiaire, deux éléments importants pour lutter contre la dépression si souvent présente chez les personnes âgées. |
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Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer se sont révélées particulièrement sensibles au contact des clowns-docteurs à travers une communication plus affective et corporelle que verbale. |
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Le passage des clowns-docteurs fut l’occasion de solliciter des résidents souvent repliés sur eux mêmes, parfois honteux dans les débuts de leur maladie de ne plus répondre aux exigences sociales de relation. Par le rire, la fantaisie et le toucher, un mode d’échange peut se développer, d’autant plus important que ces personnes, à la manière des enfants ne se lassent pas des farces et chansons qu’on leur propose. |
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Les soignants ont d’ailleurs remarqué une attitude plus tonique et éveillée chez ces bénéficiaires favorisant l’envie de parler ou de faire des commentaires, des réactions parfois devenues très rares. Le rire comme vecteur de lien à l ’autre est sans doute un moyen de préserver. |
La visite des clowns-docteurs s’inscrit dans un mouvement de dialogue et d’humanisation des soins, complémentaire quoique différente, à d’autres types de prises en charge telles que la zoothérapie et la musicothérapie. Elle ne se revendique pas comme un simple divertissement, mais comme un moyen d’éveil au rire et à l’échange des résidents de l’établissement de soins comme de leurs préposés.
Laissons-leur la parole…
« J’ai réalisé rapidement que le but de l’équipe de Dr Clown n’était pas que de faire des pitreries, mais d’utiliser le costume pour briser la glace avec les patients, réduire leur misère, leur apporter de la joie et leur ouvrir un univers de jeux. » (une infirmière auxiliaire)
« Peu importe l’autonomie de la personne hébergée et au-delà des soins qu’elle reçoit, l ’on se doit de briser le cercle vicieux de l ’isolement et de la solitude non souhaités. La souffrance la plus grande pour l ’être humain est, sans aucun doute, de finir ses jours dans l ’isolement. » (Martine Dallaire, technicienne en loisir, CHSLD Paul Lizotte)
« Lorsque vous passez quelque part, que vous arrivez à l ’improviste, on retrouve un
petit peu de gaieté. Quand vous êtes repartis, les gens ont un sourire. Même si
vous ne voyez pas un sourire dans leur visage, il se trouve dans leur cœur. […]
Ces moments -là restent … et resteront jusqu’à la fin de notre vie. » (Mme Clé, Résidente, centre d'hébergement Paul Lizotte)
« Il y a le sentiment de venir dans l'antichambre de la mort, […] alors pour une joie, rien qu'une, cela vaut probablement la peine. » (un artiste thérapeutique)
« Ça détend… ça force même, je dirais, une implication plus légère. Ça sort des cadres ! » (un infirmier)
« Nous avons beaucoup apprécié les interventions réalisées auprès de notre parent. Nous sommes très contents que sa mémoire reste gravée par le biais de votre projet. » (la famille d’un résident décédé)
« J’ai trouvé extraordinaire de voir renaître une jeunesse, un sourire, une lumière. Un coup que tu as ris, il peut arriver n’importe quoi, ça aide à faire passer les plus gros morceaux. » (une infirmière auxiliaire)
« J’aimerais tellement que ce soit vous qui soyez les anges qui vont pousser ma chaise roulante jusqu’au paradis. » (une résidente)
« En 15 ans d'expérience, je n'ai pas vu de projet susciter autant d'enthousiasme de la part des résidents eux-mêmes, des familles et des membres du personnel. L'imaginaire, la sensibilité, la tendresse sont au programme à chaque visite de nos 'drôles d'intervenants au nez rouge'. Le temps d'une petite saucette sur chaque étage et l'atmosphère parfois lourde du milieu se transforme comme par magie en un univers un peu surréaliste où les tendres folies font fi de la routine et de la rigidité imposées par le milieu de soins. Je souhaite de tout coeur que ce projet s'instaure sur une base hebdomadaire et devienne une source d'inspiration pour nos propres actions en tant qu'intervenant. » (Martine Dallaire, technicienne en loisir, centre d'hébergement Paul Lizotte)
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